03 juillet 2007
Photomontages III
03 juin 2007
J'aurai ta peau

J'oscille

D’un simple tremblement, je me laisse aller, je m’en vais voguer dans mon périmètre carré… Juste un roulis léger, j’oscille…
Pas à pas, mon anatomie se dilate, je glisse, croule, coule, de fines tiges, des nervures nerveuses me poussent au bout des doigts… Je dégouline, je suis fluide, liquide, je me vaporise… Ta terrestre croûte, cette petite parcelle, je me répands à l’intérieur, laiteux, soluble comme du fromage, je suis larmes et crème fondue, je déborde et disparais dessous le plancher…
Alors des ventres larges et chauds apparaissent, toutes voiles dehors, puissants, bondissant et ronronnant, et incroyables : la peau si douce, ils grommellent, me couvent et bruissent à mon oreille… D’entre les lattes naissent des troncs, raides et fusants, des gerbes de feu, plantes grimpantes, os transparents, un monde merveilleux, des immenses songes, une nuée de volatiles voletant, petits becs et plumes jaunes, qui s’abat en tous sens, et la foudre qui zigzague, file, tourbillonne, éjacule en poudre…
Alors une lueur surgit et se déploie, un vaisseau de l’espace déchirant, une cathédrale d’un sombre électrique qui transperce et emporte nos corps entremêlés mon amour, dans la salle de pilotage, les lumières clignotent à tous crins, dans le vide intergalactique !…
Nous scintillons au milieu d’un noir sans fond, semblables aux sapins à Noël qui, dans les campagnes du nord, veillent pendant la nuit…
Le silence, dans un soupir, nous cerne et nous ensevelit tout à fait. Ta bouche est toute petite, serrée comme un point de suspension…
Un courant d’air claque et me frôle tout à coup, seuls tes cheveux, algues minuscules, déambulent à peine. Et ensemble nous somnolons… Je pense aux saveurs du soir, à cette flemme onctueuse… Ce coin de paradis…
Ma salive est amère, le tabac, là, brûle, la fumée de ma cigarette s’élève et ruisselle au plafond, irrigue, nappe la surface, lentement… Je ferme les yeux, les oreilles, ça pique.
Alors, une par une, je range chacune de mes phalanges, soigneusement, mes vieux os, mes oripeaux dans des bocaux, tout mon foutoir dans un tiroir… J’ôte ma chemise, une chaussette, puis l’autre ; et puis m’enfonce au creux de mon existence. (…)
02 juin 2007
George War Bush








